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Quelle tenue sur le lieu de travail ?

Quelle tenue sur le lieu de travail ?

  • Actualisé le mercredi 1 juillet 2009

La liberté vestimentaire n'est pas totale sur le lieu de travail : l'employeur a son mot à dire. Mais jusqu'à quel point ?

Sommaire de l'article : page 1 / 6

A part dans des métiers où l'on porte traditionnellement l'uniforme (restauration...) ou des tenues de sécurité (BTP...), l'employeur ne peut contraindre les salariés à s'habiller d'une certaine façon. La jurisprudence a consacré la liberté du salarié de se vêtir comme il l'entend (Cass. soc. 18 février 1998).

Cependant, malgré l'énonciation de ce principe, la liberté de se vêtir à sa guise sur son lieu de travail ne relève pas d'une liberté fondamentale.

L'employeur a son mot à dire

La liberté personnelle est en réalité limitée. Ces limites peuvent provenir de règles d'hygiène et de sécurité (port du casque, d'une blouse, d'un masque…), rendues obligatoires par la législation. Il appartient même à l'employeur de faire respecter l'obligation de porter une protection, sous peine de se voir reprocher une faute inexcusable en cas d'accident du travail.

A part dans des métiers où l'on porte traditionnellement l'uniforme (restauration...) ou des tenues de sécurité (BTP...), l'employeur ne peut contraindre les salariés à s'habiller d'une certaine façon. La jurisprudence a consacré la liberté du salarié de se vêtir comme il l'entend (Cass. soc. 18 février 1998).

Cependant, malgré l'énonciation de ce principe, la liberté de se vêtir à sa guise sur son lieu de travail ne relève pas d'une liberté fondamentale.

L'employeur a son mot à dire

La liberté personnelle est en réalité limitée. Ces limites peuvent provenir de règles d'hygiène et de sécurité (port du casque, d'une blouse, d'un masque…), rendues obligatoires par la législation. Il appartient même à l'employeur de faire respecter l'obligation de porter une protection, sous peine de se voir reprocher une faute inexcusable en cas d'accident du travail.

Le contrat de travail peut prévoir un code vestimentaire

Ces obligations vestimentaires peuvent être contenues dans le contrat de travail, dans le règlement intérieur, dans une note de la direction, un code d'entreprise, une brochure (telle que "Eurodisney look").

Le Code du travail prévoit d'ailleurs qu'aucun acte de l'employeur (disposition du règlement intérieur, sanction disciplinaire) "ne peut apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives de restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché".

Ainsi, toute mesure restrictive de la liberté du salarié de choisir sa tenue doit avoir une justification liée au travail.

Toute interdiction doit être justifiée

Si un employeur peut imposer une tenue particulière ou interdire de porter tel vêtement, il ne dispose pas pour autant d'un pouvoir de décision arbitraire. L'interdiction ou l'obligation doit être liée à la nature de l'activité et répondre à un objectif précis, comme la protection de l'image de la société, la crédibilité du sérieux de celle-ci auprès du public, etc.

Selon les juges, le critère déterminant de l'atteinte excessive à la liberté de choix du salarié est celui du contact avec la clientèle.

Qu'un professeur de sport s'habille en survêtement pour aller travailler ne choquera personne et certainement pas son employeur puisqu'il adopte une tenue adaptée à ses fonctions. Mais il a récemment été jugé, dans le cas d'une secrétaire, que l'employeur pouvait valablement interdire à une salariée de se présenter au travail en survêtement car elle était en contact avec la clientèle.

Est également justifiée l'interdiction faite aux hommes de porter un bermuda. Bien entendu, l'obligation doit être justifiée par la nature de la tâche à accomplir. Même s'il est en contact permanent avec la clientèle, un ambulancier ne peut se voir imposer le port de la cravate.

Ne pas semer de "trouble" dans l'entreprise

Alors même que le contenu de vos fonctions ou le contact avec la clientèle ne sont pas invoqués par l'employeur, celui-ci peut vous demander de ne pas porter telle tenue pour des raisons liées à la décence.

Ainsi, un chemisier transparent porté sans soutien-gorge est une tenue qui peut être qualifiée d'"anormale car de nature à semer un trouble dans l'entreprise". Bien entendu, la notion de "décence" est toute relative. Tout est question d'usages sociaux en la matière.

Parfois, les habitudes vestimentaires relèvent du non-dit : tout le monde se plie aux habitudes de l'entreprise, jusqu'au jour où un salarié arbore pour la première fois une boucle

d'oreille ou un piercing, ou vient en bermuda.

Vous ne serez pas licencié pour vous être présenté pour la première fois à votre travail en short ou sans cravate. Mais dès lors que votre employeur vous l'interdit pour un motif légitime, tout va dépendre de votre attitude.

Si vous persistez dans votre volonté de venir travailler ainsi, votre licenciement peut être justifié par le refus d'obéir à l'ordre de ne pas porter ce vêtement. Dans un tel cas, il semble que ce soit le refus persistant de se soumettre à un ordre, si celui-ci est justifié, qui fonde le licenciement.

La mode du "vendredi décontracté"

Certaines entreprises françaises se sont laissé gagner par la mode du "casual Friday" qui autorise les salariés à adopter une tenue vestimentaire plus décontractée le vendredi. Venue des États-Unis, cette pratique s'est diffusée en premier lieu dans les filiales françaises de sociétés américaines, puis dans les start-up.

Mais tout n'est pas pour autant permis. Même en été, les shorts et les tongs restent proscrits au bureau. Le port du polo est admis, par exemple, à condition toutefois qu'il soit de bonne tenue. Le pull-over peut remplacer le duo chemise-cravate, s'il est chic. Finalement, vous pouvez être "cool", mais évitez surtout de paraître négligé.

reactions (2)
  • Bonjour,
    Mon employeur du jour au lendemain sans qu'aucun règlement intérieur, ni note de service écrite, ni problème d'hygiène.... a décidé que tout piercing sur le visage était interdit pour le personnel caisses (grande distribution à prédominance alimentaire). En a-t-il le droit ? Merci de votre réponse. par co / samedi 19 septembre 2009
  • Chemise + cravate quand il fait 30°C au bureau, alors que les femmes ont le droit de s'habiller plus légèrement... Je dis non ! Je ne vios pas pourquoi les hommes ne pourrait pas être plus décontracté. Je suis totalement contre la dictature du paraître ; C'est pourquoi je me bat au travail pour faire adopter le port de tenues plus décontracté quelque soit le jour de la semaine. Personnellement, c'est ce que je fais depuis presque 20 ans. Si j'étais regardé bizarrement au début, je suis de plus en plus copié par mes collègues et c'est tant mieux ! par Jean / lundi 25 mai 2009

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