Pour aller plus loin
Souffrez-vous de dépression saisonnière ?
- Publié le mercredi 5 novembre 2008
La dépression saisonnière touche chaque année 4 à 5 % des Français. Sachez reconnaitre les symptôme de cette maladie qui intervient lors des mois d'hiver, quand la luminosité faiblit.
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Les principaux symptômes
"Abattement, tristesse, fatigue, envie de sucreries, avec à la clé quelques kilos supplémentaires, sont les principaux symptômes de la dépression saisonnière, confirme le Dr Sylvie Royant-Parola, psychiatre. Ils apparaissent en novembre, puis régressent progressivement pour disparaître totalement entre février et mars. Avant de resurgir l’automne suivant."
Les principaux symptômes
"Abattement, tristesse, fatigue, envie de sucreries, avec à la clé quelques kilos supplémentaires, sont les principaux symptômes de la dépression saisonnière, confirme le Dr Sylvie Royant-Parola, psychiatre. Ils apparaissent en novembre, puis régressent progressivement pour disparaître totalement entre février et mars. Avant de resurgir l’automne suivant."
Les femmes davantage touchées
Du petit coup de blues hivernal au réel état dépressif, la dépression saisonnière frappe avec plus ou moins d’intensité. Repérée dans les années 1980 par des psychiatres américains, elle est reconnue comme une vraie maladie, transitoire, certes, mais bien réelle.
Selon Martin de la Soudière, chargé de recherche au Centre d'études transdisciplinaires - sociologie, anthropologie, histoire (Cetsah), à Paris, elle pourrait affecter jusqu’à 12 % de la population. "Peut-être, si l’on inclut les formes légères de la maladie", précise le Dr Royant-Parola, qui, de son côté, estime plutôt à environ 5 % le nombre de personnes qui en souffrent chaque année.
Comme dans tous les types de dépression, ce sont deux fois plus souvent des femmes, sans doute en raison de facteurs hormonaux. Les premiers symptômes apparaissent aux alentours de 25-30 ans, mais il a été démontré que dans 4 % des cas la maladie touche des enfants et adolescents. Point commun entre toutes ces personnes : elles sont particulièrement sensibles au raccourcissement de la longueur du jour, et donc de l’exposition à la lumière.
Quand l'horloge interne se dérègle
Lorsqu’on se lève le matin avant le soleil, que l’on travaille toute la journée dans un bureau ou un atelier à la lumière artificielle et que l’on rentre chez soi alors qu'il fait déjà nuit, notre cycle naturel a de quoi être perturbé, désynchronisé, disent les spécialistes. C’est en effet la lumière du jour qui, transmise par l’œil, permet à l'horloge biologique interne de réguler l’organisme selon une alternance jour et nuit, sur vingt-quatre heures (rythme circadien).
Ainsi, la glande pinéale, ou épiphyse, située dans le cerveau, sécrète de la mélatonine (hormone qui favorise le sommeil) uniquement pendant la nuit. Mais lorsque les journées sont plus courtes et sombres, certaines horloges internes cafouillent. "Chez les patients souffrant de dépression saisonnière, la sécrétion de la mélatonine est retardée", souligne Martin de la Soudière.
Leur organisme est donc en décalage de quelques heures par rapport aux autres. Lorsqu’il est l’heure de se lever, ils sont encore en plein sommeil. D’où cette sensation de fatigue et d’abattement qu’ils traînent comme un boulet toute la journée.
La lumière comme thérapie
Pour les aider, une seule solution : il faut tromper l’horloge interne "en donnant à l’organisme un signal lumineux d'intensité suffisante qu’il percevra comme un signal de synchronisation", explique Martin de la Soudière. C’est la photothérapie. À domicile ou au bureau, des lampes spéciales permettent de délivrer une lumière blanche de forte intensité (2 500 lux doivent arriver sur la rétine) pendant trois quarts d’heure à une heure chaque matin.
Dans la majorité des cas, l’amélioration est rapide. En trois à quatre jours, le malade retrouve son énergie, mais il doit poursuivre son traitement quotidien pendant trois mois au moins, sinon c’est la rechute assurée. Si cela ne suffit pas, le médecin peut y associer des antidépresseurs sérotoninergiques. Et surtout, les années suivantes, il conseillera à son patient de commencer la photothérapie dès le mois d’octobre, avant que les premiers symptômes ne s’installent.
L’été, il existe une forme particulière de dépression saisonnière. Elle est plus rare, mais liée au même problème : une réponse spécifique à la lumière. La personne ne supporte pas bien ce "trop de luminosité". Ces patients sont généralement traités par des antidépresseurs.
Les signes annonciateurs de la maladie
L’hiver, vous avez tendance à :
- avoir plus de difficultés à vous réveiller le matin ;
- avoir moins d’énergie durant la journée, à vous sentir fatigué la plupart du temps ;
- manger davantage de sucreries ou de féculents ;
- prendre plus de poids que durant l’été ;
- dormir davantage ;
- vous sentir plus mal en fin de soirée qu’en matinée ;
- avoir une baisse, évidente mais temporaire, de l’humeur ou de l’énergie l’après-midi ;
- avoir des envies compulsives de sucreries, surtout l’après-midi et pendant la soirée.








